« CFBP : la fin du fioul comme opportunité pour le butane et le propane ? (interview) »

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Source : lenergeek.com, article du 18 mars 2019 – Extrait

 

« Directeur Général du Conseil français pour le butane et le propane (CFBP), Joël Pedessac a accepté de revenir sur les enjeux de la transition énergétique pour son organisation. D’après lui, la fin du fioul pourrait notamment représenter une belle opportunité pour le développement du butane et du propane en France…

 

 

Pouvez-vous nous expliquer comment on obtient du butane et du propane ?

 

Le butane et le propane sont deux gaz qui à l’origine étaient issus du raffinage du pétrole et n’étaient pas exploités. Ce n’est qu’à partir des années 30, en France comme aux Etats-Unis, que ces deux gaz ont pu être récupérés pour être revalorisés en tant que combustible. Avant cela, ils étaient brûlés dans des torchères sur les champs de pétrole ou dans les raffineries.

À partir des années 50, leur production se développe aussi sur les champs de gaz naturel. À cette époque, le butane et le propane extraits dans un champ de gaz naturel représentent en moyenne 5% des volumes de production. En 2018, 70% du butane et du propane commercialisés dans le monde sont des coproduits du gaz naturel, tandis que les 30% restants sont issus du raffinage du pétrole.

Aujourd’hui, on commence à produire du butane et du propane d’origine renouvelable. Comme on parle de méthanisation pour faire du biométhane, il existe des procédés industriels pour obtenir du biopropane ou du biobutène. Ces techniques restent cependant plus embryonnaires que pour le biométhane ; nous sommes effectivement dans une phase d’initialisation de ces procédés.

C’est une société française qui les développe actuellement : Global Bioénergies. Grâce à ses innovations, elle peut notamment produire du bio-isobutène, qui est une molécule proche du butane et qui peut être utilisée de manière totalement indifférenciée avec le butane. Ce bio-isobutène peut être obtenu soit à partir de déchets agricoles, soit à partir du sucre d’amidon.

 

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Dans quelle mesure votre filière peut contribuer aux objectifs environnementaux du secteur de la mobilité durable et de l’habitat ?

 

Dans le cadre de la transition énergétique, le gouvernement souhaite arrêter le chauffage au fioul. Et pour cause, on estime qu’en remplaçant simplement une installation de chauffage au fioul par une chaudière au gaz de haute performance, on peut réduire les émissions de CO2 d’un logement de 40%. Ainsi, on comprend aisément que le bio-isobutène ou le bio-propane pourraient permettre d’améliorer considérablement l’empreinte carbone de notre parc immobilier.

Il en va de même pour le secteur de la mobilité. En effet, lorsqu’on utilise le carburant alternatif GPL plutôt que de l’essence, on diminue également ses émissions de gaz à effet de serre. Par rapport à l’essence, on estime qu’on peut atteindre -20% d’émissions de gaz à effet de serre lorsque le GPL est d’origine fossile et jusqu’à -80% avec le BioGPL, c’est-à-dire lorsque le GPL est d’origine renouvelable. Et au moment où l’utilisation du diesel est remise en cause, le GPL, comme l’hydrogène ou la voiture électrique, représentent plus que jamais une solution pour commencer à décarboner le secteur des transports et à réduire les émissions de polluants. Les véhicules GPL sont ainsi logiquement éligibles à la prime à la conversion du gouvernement. Actuellement, on dénombre 1650 stations qui distribuent du GPL en France, et 37 000 stations en Europe. L’autonomie d’un véhicule GPL est d’environ 500 kilomètres. On estime par ailleurs qu’il y a 200 000 véhicules qui circulent au GPL au sein du parc automobile français, tandis qu’on en compte près de 8 millions en Europe.

Le marché est donc mature, tandis que le surcoût par rapport à une voiture essence est de seulement 800 euros. De plus, le prix de vente moyen de ce carburant alternatif est seulement de 80 centimes par litre. Enfin, ces véhicules peuvent obtenir la vignette crit’air 1, qu’importe l’année d’immatriculation du véhicule, un avantage non négligeable alors que les pics de pollution de l’air sont de plus en plus fréquents. Pour résumer, on peut dire que cette solution d’écomobilité est donc peu onéreuse, tant pour le citoyen que pour l’Etat. »

 

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→  Envie d’en savoir davantage ? Consultez l’ITW complète dans l’article de L’Energeek du 18 mars 2019 !