Mobilité durable: quelles solutions accessibles à tous dès à présent?

Comment rendre la mobilité durable accessible à tous ? L'enjeu n'est pas seulement technologique : des solutions de mobilité alternative existent pour lutter dès à présent contre la pollution et le réchauffement climatique. Outre les mobilités douces, il s'agit de développer l'utilisation de véhicules à énergie alternative : Comment développer le mix énergétique dans les transports en France ? Quelles sont les incitations locales et nationales ? Prix, approvisionnement… quelles solutions alternatives accessibles aux automobilistes et quelles économies ? Autant de questions débattues lors de la table ronde « Mobilité durable & solutions accessibles à tous aujourd'hui » organisée le 8 mars dernier. L'occasion de souligner l'importance de communiquer sur l'ensemble des solutions alternatives accessibles à tous les budgets.



Marc Teyssier d'Orfeuil, Délégué Général du Club des Voitures Écologiques : "soutenir l'ensemble des solutions disponibles"

"Il est important de soutenir l'ensemble des solutions alternatives disponibles, notamment par des incitations au quotidien telles que des tarifs réduits/ la gratuité du stationnement ou encore le crédit de télépéage sur autoroute pour les véhicules écologiques". "Aujourd'hui, on peut rouler écologique et beaucoup moins cher", poursuit le Délégué Général du Club des Voitures Ecologiques, "puisque le GPL représente un écart de 53 et 30 centimes avec le Sans Plomb et le Gazole à la pompe, ce dont les pouvoirs publics parlent peu.
Il faut aller vers la mixité énergétique et le GPL est une des solutions de cette mixité énergétique, accessible pour tous les budgets".

Joël Pedessac, Directeur Général du Comité Français du Butane et Propane (GPL): "des solutions alternatives accessibles à tous existent. La France doit favoriser leur utilisation et réorienter le bonus pour qu'il profite au plus grand nombre"

"Les véhicules à énergie alternative sont encore faiblement utilisés en France : malgré les aides en place, ils représentent seulement 1,44% du parc roulant et 4,2% dans les nouvelles immatriculations de véhicules privés en 2015. Pour que ceux-ci soient choisis et utilisés par les automobilistes, ils doivent leur être accessibles en matière de prix à l'achat & coût à l'usage, facilité d'approvisionnement, simplicité d'utilisation & choix dans une gamme. L'intérêt du véhicule GPL est qu'il fonctionne comme un véhicule "classique", l'économie et des atouts pour améliorer la qualité de l'air en plus, et qu'il dispose de plus de toutes les conditions nécessaires pour rendre une mobilité durable accessible à tous : un prix de véhicule équivalent au véhicule essence et moins élevé qu'un diesel, un plein fait en 2 minutes à 0.8 cts/litre qui permet de parcourir 500 km environ, 1750 stations-service pour s'approvisionner sur tout le territoire et la possibilité de se garer partout…. Premier carburant en Europe et dans le monde, le GPL ne représente pourtant que 0,7% du parc roulant en France, soit 1 véhicule écologique sur 2. "Tout en maintenant le soutien au véhicule électrique, il faut mettre en place des incitations qui profitent au plus grand nombre avec une communication orientée sur toutes les énergies alternatives, pour que les automobilistes puissent avoir le choix d'une solution de mobilité alternative en fonction de leurs moyens financiers et de leurs besoins de mobilité", insiste Joël Pedessac. "Il suffirait simplement de rééquilibrer le bonus en créant un bonus à 300 euros pour le GPL & autres énergies alternatives, tout en conservant un bonus à 6000 € pour le véhicule électrique. Cet avantage incitatif permettrait de profiter à un plus grand nombre d'automobilistes, sans peser sur la dépense publique".

François de Rugy, député Loire-Atlantique & co-président du groupe EELV à l'Assemblée Nationale : "développer des mesures sélectives pour inciter au choix d'un véhicule alternatif"

François de Rugy a communiqué sur la nécessité de promouvoir l'ensemble des carburants alternatifs dont le GPL par des incitations durables : "Il faut des mesures sélectives pour inciter au choix d'un véhicule alternatif au niveau du stationnement, du péage, des autoroutes", explique-t-il, proposant de réserver les accès des centres-villes à l'ensemble de la flotte de véhicules à énergie alternative. De la sorte, chaque automobiliste pourra choisir et se déplacer avec le véhicule adapté à ses propres besoins de mobilité. "Il ne faut pas remettre en cause la prime à l'achat mais prévoir son évolution et d'autres leviers", ajoute F. Rugy qui met en garde contre la "subventionnite" : "l'achat d'un véhicule à énergie alternative doit avant tout être motivé par ses avantages et ses caractéristiques, non par le montant de sa subvention".

Johan Ransquin, chef du service Transports & Mobilité de l'ADEME : "renforcer l'intermodalité des modes de transport"

"L'avenir repose sur une mixité de solutions complémentaires et plus sur la dominance de l'outil à tout faire "voiture particulière"", a indiqué le responsable du service Transports & Mobilité de l'ADEME, rappelant qu'à l'horizon 2030, le besoin de mobilité serait différent mais tout aussi important : "les gens ne vont pas se déplacer moins, mais de manière différente. On passera de l'usage individuel de la voiture à un bouquet de solutions énergétiques pour la voiture et différents modes de déplacement".
Ainsi, la mobilité rimera avec intermodalité, autoportage et covoiturage, et les technologies complémentaires permettront de diminuer significativement l'impact carbone de nos transports. "Certaines technologies présentent des atouts en faveur de la qualité de l'air : électromobilité, carburants gazeux tels que le GNV et le GPL etc.", souligne-t-il avant d'ajouter que pour atteindre le facteur 4 à l'échelle nationale (division par 4 des émissions de gaz à effet de serre d'un pays ou d'un continent d'ici à 2050), il faut "agir en priorité sur deux secteurs clés : le transport et le bâtiment", "améliorer les technologies mais aussi faire évoluer les comportements et développer l'intermodalité, passer de la logique de possession à une logique d'usage serviciel (covoiturage, autopartage) et repenser les mobilités de type marche et vélo".

Yanis Lammari, président du Bureau du Développement Durable de la Toulouse Business School : "montrer le côté positif du développement durable pour donner envie à la nouvelle génération de s'engager sur de nouveaux modèles de société"

Acteur du Tour des Solutions Alternatives effectué du 22 au 26 février dernier dans un véhicule GPL avec 3 de ses camarades afin d'identifier les innovations autour de l'économie circulaire et du développement durable tout en roulant autrement et en dépensant moins, Yannis Lammari témoigne : "Le Tour a permis de mettre en avant des initiatives innovantes qui marchent dès à présent : des solutions existent déjà, mais elles souffrent d'un manque de communication et de mise en réseau".
"Il faut montrer le côté positif du développement durable pour donner envie à la jeune génération de s'engager sur des nouveaux modèles de société", souligne-t-il. "Le développement durable est un mouvement progressif auquel tous les acteurs peuvent participer : société civile, petites et grands entreprises etc.". "Il faut donner sa place à la jeunesse pour qu'elle participe aux débats sur le développement durable et qu'elle s'informe".
Les ANEDD (Assises Nationales Étudiantes du Développement Durable) du 7 avril prochain, organisées par le Bureau du Développement Durable de son École, permettront de mettre en avant les solutions alternatives découvertes lors du Tour.


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Cfbp